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Toutes les parutions de l'année en cours


Par année

Le 11 septembre
Philosophie n° 123 : Foucault : a priori, phénoménologie et histoire de la raison

Le 4 septembre
 

Le 9 janvier
Éric Chevillard, Le Désordre azerty
Pour Éric Chevillard
Jean-François Hamel, Camarade Mallarmé. Une politique de la lecture

Le 2 janvier
Critique n° 799 : Fauteurs de doute
Philosophie n° 120

 

Laurent Mauvignier, Autour du monde
Julia Deck, Le Triangle d'hiver
Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville
Critique n° 807-808 : Hong Kong prend le large


Le 5 juin
Critique n° 805-806 : Le musée, sous réserve d’inventaire
Philosophie n° 122 : Concepts essentiellement contestés

Le 2 mai
Critique° 804 : Ruyer l’inclassable

Le 3 avril
Samuel Beckett, Tous ceux qui tombent
Jean Echenoz, Caprice de la reine
Jean Echenoz, Un an
Marguerite Duras, Les Yeux bleus cheveux noirs
Critique n° 803 : Vivants minuscules

Le 6 mars
Yves Ravey, La Fille de mon meilleur ami
Yves Ravey, Un notaire peu ordinaire
Georges Didi-Huberman, Sentir le Grisou
Georges Didi-Huberman, Essayer voir
Critique n° 802 : Pierre-Henri Castel
Philosophie n° 121

Le 6 février
Jean-Louis Chrétien, L'Espace intérierur
Pierre Bayard, Il existe d'autres mondes
Pierre Bayard, Enquête sur Hamlet (poche)
Critique n° 800-801 : Où est passée la psychanalyse ?
Paradoxe
Et si les œuvres changeaient d'auteur ?

Pierre Bayard
Et si les œuvres changeaient d'auteur ?

2010
176 p.
15,20 €
ISBN : 9782707321404





Version numérique



 Cliquer ici pour écouter la rencontre avec Pierre bayard à la libaririe Mollat le 17 novembre 2010



Il est étonnant que les changements d’auteur soient si peu pratiqués par les critiques, alors qu’ils le sont régulièrement par les historiens lorsqu’ils se rendent compte d’une erreur d’attribution, et par les créateurs eux-mêmes lorsque, dans le souci d’améliorer leur image, ils prennent un pseudonyme ou falsifient des éléments de leur biographie.
Si ces changements méritent d’être généralisés, c’est qu’ils permettent de découvrir les œuvres sous un angle inhabituel. Attribuée à un nouvel auteur, l’œuvre demeure certes matériellement identique à elle-même, mais elle devient dans le même temps différente et prend des résonances inattendues qui enrichissent sa perception et stimulent la rêverie.
Fidèle aux leçons de Borges, qui suggérait de lire autrement Don Quichotte en l’attribuant par fiction à un écrivain du 20e siècle, je propose donc de multiplier ces changements d’auteur et de les faire jouer dans les champs esthétiques les plus divers, en supposant par exemple que Tolstoï est l’auteur d’Autant en emporte le vent, Schumann du Cri ou Hitchcock du Cuirassé Potemkine.
On mesure les conséquences positives que pourrait avoir l’extension de cette pratique dans l’enseignement, où, déjà familière aux élèves, elle permettrait de revisiter à moindre frais les grands classiques. Et dans la recherche scientifique, où, en conduisant à réfléchir sur le style de Balzac dans La Chartreuse de Parme ou sur les raisons pour lesquelles Nietzsche a écrit Les Frères Karamazov, elle contribuerait à ouvrir des voies nouvelles.

Les premières pages

Feuilleter un extrait

 

La revue de presse

Elisabeth Philippe, Les Inrockuptibles, 27 octobre 2010

de l'échangisme

L"Etranger de Kafka, Le Cuirassé Potemkine d’Hitchcock…
En changeant seulement le nom de l’auteur, l’œuvre devient autre. L’iconoclaste Pierre Bayard le démontre par a + b.


Aux antipodes du poussiéreux Lagarde et Michard qui a traumatisé des générations entières de collégiens en leur infligeant une vision indigeste de l’histoire de la littérature, il y a Pierre Bayard, essayiste anticonformiste qui s’amuse depuis quelques livres déjà à bousculer les certitudes de la critique littéraire, avec autant d’intelligence que d’humour et une certaine dose d’irrévérence bienvenue. Dans L’Affaire du chien des Baskerville, enquête sur l’enquête menée par Sherlock Holmes qui vient de paraître en poche, il démontrait que le détective à la pipe s’était planté sur toute la ligne. Son dernier essai, Et si les œuvres changeaient d’auteur ?, s’inscrit plutôt dans le prolongement de Comment améliorer les œuvres ratées ?, où Pierre Bayard n’hésitait pas à qualifier de désolants Jean Santeuil de Proust ou L’Amour de Marguerite Duras, et s’autorisait même à opérer des corrections pour rattraper le ratage.
Cette fois, il va encore plus loin dans la critique iconoclaste, invitant le lecteur à attribuer des textes ultracélèbres à d’autres auteurs afin de renouveler sa perception de l’œuvre, sans en changer la moindre virgule. Soit l’erreur érigée en révélation. Cela donne des intitulés de chapitres aussi déconcertants que « L’Etranger de Franz Kafka », « Autant en emporte le vent de Léon Tolstoï » ou encore « L’Ethique de Sigmund Freud ». Tout le propos de cette démarche théorique décalée, qui évoque bien sûr la nouvelle « Pierre Ménard, auteur du Quichotte » de Borges, consiste à montrer que le nom de l’auteur, lesté de toutes les représentations et images qui s’y rattachent - car « tout nom d’auteur est un roman » –, biaise l’accès à un texte. L’« écran biographique » parasite la lecture, la fige dans une réception étriquée, dans la mesure où l’on projette sur l’œuvre ce qu’on sait ou croit savoir de son auteur. Conscients de cet écueil, certains écrivains se sont inventés des identités artificielles, et Pierre Bayard revient sur deux des exemples les plus célèbres : Romain Gary/Emile Ajar et Boris Vian/Vernon Sullivan.
Si on voulait jouer les pisse-froid, on pourrait rétorquer à Pierre Bayard que cette question du rapport œuvre/auteur a été réglée par Roland Barthes en 1968 lorsqu’il a proclamé « la mort de l’auteur ». Sauf que l’approche de Barthes, qui implique de ne considérer l’œuvre que pour elle-même, plus radicale que celle de Bayard, est aussi nettement moins ludique et peut-être, même, moins féconde.
Aussi gonflée et invraisemblable que paraisse la thèse de Pierre Bayard, elle s’avère extrêmement convaincante. Ainsi, par exemple, en inscrivant L’Etranger dans le corpus kafkaïen, Bayard met en relief la dimension de critique sociale et politique présente dans le roman « qui s’y trouvait certes, mais à bas bruit ». Changer le nom de l’auteur permet une nouvelle mise en perspective de l’œuvre, l’enrichit et en rénove la lecture en profondeur, si tant est que le lecteur, dont la créativité et l’imagination sont pleinement sollicitées, accepte de jouer le jeu. Il aurait tort de se priver de ce plaisir.

Rencontres en librairie avec Julia Deck à l'occasion de la parution du Triangle d'hiver

Rencontres en librairie avec Laurent Mauvignier à l'occasion de la parution d'Autour du monde

Jean-Philippe Toussaint : France culture/A voix nue par Arnaud Laporte du 15 au 19 septembre, de 20h à 20h30. De 20h30 à 21h, "Autour de Marie" de Jean-Philippe Toussaint. Voir la bande annonce.

Le 2 octobre
Eric Laurrent, Berceau

Le 9 octobre
Critique n° 809 : Alphabets du moi

Le 16 octobre
David Lapoujade, Deleuze, les mouvements aberrants

Le 6 novembre
Critique n° 810 : Ingouvernables 

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