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Le 2 septembre 2010
Critique, n° 759-760 : À quoi pense l’art contemporain ?

3 juin 2010
Critique 757-758 : Vivement Paris !
Philosophie 106 : L'Individu

6 mai 2010
Critique n° 756

1er avril 2010
Critique n° 755 : Chemins de la liberté
Catalogue 2010

Le 4 mars 2010
Christian Oster, Dans la cathédrale
Critique n° 754 : Le pragmatisme et ses doubles : autour des frères James
Philosophie n° 105

Le 18 février 2010
Clément Rosset, Tropiques. Cinq conférences mexicaines

Le 4 février 2010
Critique n° 752-753 : Du style !

Le 14 janvier 2010
Éric Chevillard, Choir

Le 7 janvier 2010
Christian Gailly, Lily et Braine
Christian Gailly, Les Évadés (Collection « double »)
Critique n° 751
Philosohie n° 104
 

Critique 


Revue Critique
Critique n° 687-688 : Jean Starobinski
Numéro dirigé par Patrizia Lombardo

2004
160 p.
14,50 €
ISBN : 2707318744
EAN13 : 9782707318749



Présentation

Depuis plus d'un demi-siècle, Jean Starobinski parle de la littérature. A ses étudiants de Genève. Aux auditeurs qui se pressent à ses conférences. Aux innombrables lecteurs de son œuvre foisonnante, traduite en de nombreuses langues et diffusée bien au-delà du monde universitaire. Car Jean Starobinski est un critique au sens le plus complet. Pour lui, la littérature n'est pas un phénomène isolé : elle articule les langages du monde et traduit les soucis des hommes dans le temps et l'espace. D'où la fonction civique du critique. Et la subtile puissance d'une œuvre insoucieuse des cloisonnements disciplinaires. Jean Starobinski parcourt le temps et arpente la culture. Il identifie des figures et recueille des échos.
Entre Critique, où il a publié quelques-uns de ses plus beaux articles, et Jean Starobinski, les liens sont anciens et les affinités profondes. Georges Bataille voulait que sa revue composât une « figure de l'époque » ; l'œuvre de Jean Starobinski, d'article en essai et d'analyse en commentaire, assemble et relie les figures de la culture européenne, de l'Antiquité à nos jours.
Ce numéro, dirigé par Patrizia Lombardo, propose un portrait du critique en grand artiste : portrait indirect, amical et composite, brossé à partir de toutes ces grandes figures qu'il nous a rendues mieux présentes, de Charles d'Orléans à Pierre Jean Jouve, de Montaigne à Chénier, de Diderot et Rousseau à Fuseli et Baudelaire. Pour qu'à leur tour et par une juste rétribution, elles lui fassent ici cortège.

Sommaire

Présentation

Michel Schneider : Au miroir de la musique

Yves Hersant : Le prince « au cœur vêtu de noir »

Jean-Yves Pouilloux : Autant qu'il y aura d"encre et de papier au monde

Françoise Balibar : Les vagues d’Eddington et le cheval de Newton

Jean-Claude Bonnet : A l’écoute de Diderot

Danièle Cohn : Une expérience originaire, Rousseau

Jackie Pigeaud : Sur des pensers nouveaux…

Antoine Compagnon : L’ami de la science et de la volupté

Jean-Loup Bourget : La scène du rêve

Françoise Coblence : Dramaturgies et mythologies freudiennes

Martine Broda : Présence de Jouve

Bernard Böschenstein : Trois rencontres avec Jean Starobinski

Avec un texte inédit de Jean Starobinski Mémoire de Troie

 

La revue de presse

Isabelle Rüf, Le Temps, samedi 4 septembre 2004

« Le critique s’intéresse à des savoirs variés entre lesquels il établit des relations, en se méfiant des fausses ressemblances ; il les fait dialoguer, bousculant les routines, les cloisonnements disciplinaires et l’excès des spécialisations. » Cette définition semble tout exprès taillée pour Jean Starobinski. Elle figure d’ailleurs dans la présentation de la livraison de Critique qui lui est consacrée. Patrizia Lombardo et Philippe Roger, qui ont dirigé ce numéro spécial, soulignent que cet hommage est un juste retour des choses : c’est dans cette revue, fondée en 1946 par Georges Bataille, que le jeune médecin a publié ses premiers articles dans les années 1950, particulièrement sur Georges Ganguilhem et l’histoire de la médecine.
Car celui qui a éclairé si subtilement les textes littéraires est aussi un scientifique ; rien d’étonnant donc à ce qu’une physicienne, Françoise Balibar, analyse le dialogue, « voué à l’échec », entre science et poésie qui occupe une bonne place dans les travaux du critique, que ce soit dans son grand ouvrage, Action et réaction. Vie et aventure d’un couple (Seuil, 1999) ou dans une conférence « facétieuse » donnée à Londres. Cet art de déplier toutes les acceptions d’un mot (ou ici d’une paire de mots !), s’est aussi exercé sur celui de « mélancolie », rappelle Yves Hersant. Les lectures de Montaigne, de Diderot (sur lequel Staro nous doit encore un livre), de Rousseau, bien sûr, sont revisitées avec profit, car « il n’est pas donné à tout le monde de se voir décrété classique de son vivant ». Jackie Pigeaud évoque les travaux sur André Chénier et redéfinit la place de Freud dans l’univers du psychiatre qu’est aussi Jean Starobinski. Freud, « à consommer avec modération », dit J.-B. Pontalis à ce propos. Modération mais attention : une analyse du tableau de Füssli, Le Cauchemar, reprise dans Trois fureurs, montre que cette première formation n’a jamais été oubliée, pas plus que les inventions langagières du Viennois.
Antoine Compagnon déclare que le critique a donné « à notre génération le plus authentique des Baudelaire ». Les étudiants qui ont eu la chance de suivre ses cours ne pourront que souscrire ! Michel Schneider évoque le musicien et son piano, rue de Candolle, « qui visiblement ne servait pas d’ornement de salon ». La musique, pour Jean Starobinski, étant « ce qui reste de la parole quand elle a atteint ses limites… » Bernard Böschenstein, enfin, raconte « trois rencontres » littéraires avec son collègue ; et Martine Broda celle, décisive, avec Pierre-Jean Jouve pendant la guerre.
Un magnifique texte inédit de Jean Starobinski vient en coda de ce parcours. « Mémoire de Troie » commente le récit enchâssé dans l’Enéide, au cours duquel Enée raconte à Didon la nuit de la destruction de Troie. Le critique entend le fracas des armes, le bruit et la fureur qui résonnent jusque dans les œuvres de Baudelaire, de Hofmannsthal, de Mandelstam et d’Yves Bonnefoy. Depuis Homère, les poètes ont perçu sur la scène imaginaire de Troie, « venues de la profondeur du temps, les figures de leur propre péril ».

Fabrice Gabriel, Les Inrockuptibles, 3 novembre 2004

Rarement un hommage aura semblé aussi mérité que celui rendu par la revue Critique à Jean Starobinski. Celui que les étudiants continuent sans doute d’appeler entre eux « Staro » est une figure essentielle des cinquante dernières années : non pas un m’as-tu-vu de la critique, mais une sorte de lecteur idéal et atypique, curieux de tous les savoirs de son temps (psychanalyse, linguistique, structuralisme…) sans en être le zélateur abscons, cultivant avec élégance l’exigence lumineuse d’être compris - ce qui signifie d’abord être lisible. Les grands livres de Starobinski – son Montaigne, son Rousseau, les textes de L’œil vivant ou plus récemment d’Action et Réaction – ont ces merveilleuses qualités d’accessibilités et d’équilibre : l’analyste a toujours su faire tenir ensemble l’attention à la forme et le souci du contexte, l’articulation complexe de l’homme et de l’œuvre, dans leur espace et leur temps propres. Cela pourrait ressembler à de simples formules, si les contributeurs à ce bel hommage (Michel Schneider, Yves Hersant, Martine Broda…) ne venaient avec acuité nous rappeler l’incroyable étendue du champ culturel arpenté depuis les années 50 par Starobinski. D’abord médecin et jeune traducteur de Kafka, pianiste raffiné et grand connaisseur de l’art européen, celui-ci finit par incarner l’honnête homme moderne, digne héritier des Lumières, qu’il a tant étudiées. Un homme dont l’aura dépasse le seul cadre universitaire, en même temps qu’un savant à la curiosité sans limite… A cet égard, on lira l’excellent texte d’Antoine Compagnon sur la relation de Starobinski aux images. Puis « Mémoire de Troie », un inédit passionnant d’un interprète majeur de notre temps.

Entretien de Michèle Gazier avec le critique Jean Starobinski

Télérama,
10 novembre 2004

Médecine, science, art : il a enrichi la critique littéraire d’une foule de savoirs. A 84 ans, en son refuge genevois, il évoque son parcours et les rencontres qui ont jalonné sa vie.
Vous avez fait le voyage à Genève pour le rencontrer. Vous avez traversé la ville, indifférente à la pléthore de banques et de bijouteries. Cap sur l’université. C’est là, juste en face, que vous attend Jean Starobinski, l’inventeur inégalé d’une critique littéraire au carrefour de la littérature, de la science, de la médecine, de l’art, de la musique. Vous grimpez les marches en évitant les poussettes et les poubelles des squatters qui habitent les étages, en bonne intelligence avec le célèbre professeur qui, avec son épouse, occupe les lieux depuis quarante ans. Lunettes et regard franc, il vous accueille dans un salon où vit un piano. La musique accompagne ses travaux et ses jours. Il aime s’asseoir là et jouer pour le plaisir, le partage.
A 84 ans, Jean Starobinski fourmille toujours de projets. A l’entendre parler, avec science et modestie, des écrivains, musiciens, poètes, artistes, médecins et autres savants qui accompagnent sa vie, et dont il interroge avec simplicité les parcours, les rencontres et les échos, on a envie d’en savoir davantage sur cet intellectuel qui, loin des jargons savants, compose dans une langue limpide une œuvre d’écrivain. La revue Critique vient de lui consacrer un numéro spécial où Michel Schneider définit brillamment la démarche du maître critique : « déchiffrer cette langue étrangère singulière de chaque livre, de chaque auteur, fuir le bien entendu, chercher toujours dans l’œuvre étudiée l’inattendu, l’inentendu ».

En savoir plus...

Samuel Beckett,
Fin de partie

Alain Robbet-Grillet,
Les Gommes
La Jalousie
Critique 651-52 : Alain Robbe-Grillet
Claude Simon
La Route des Flandres
Antoine Volodine

Le 9 septembre 2010
Yves Ravey, Enlèvement avec rançon
Philosophie n° 107

Le 16 septembre 2010
Antoine Volodine, Le Port intérieur
Bernard-Marie Koltès, Une part de ma vie Entretiens 1983-1989

Le 23 septembre 2010
Jean Echenoz, Des éclairs
Jean Echenoz, Nous trois

Le 7 octobre
Eugène Savitzkaya, Marin mon cœur

Le 14 octobre
Pierre Bayard, Et si les œuvres changeaient d'auteur ?
Pierre Bayard, L’Affaire du chien des Baskerville
Georges Didi-Huberman, Remontages du temps subi - LŒil de l'histoire 2
Critique n° 761

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