Personne ne peut dire si c’est la farce qui améliore le cochon ou si c’est le cochon qui donne à la farce sa pleine saveur. Ce qui est sûr c’est que le contenu participe du contenant, et vice versa, pour donner au tout l’agrément nécessaire à sa consommation. Ce cochon-ci est farci avec les éléments de sa propre constitution agrémentés d’épices exotiques et d’herbes de saison.
Les
premières pages
La revue de presse
Monique Pétillon (Le Monde, 1996)
« Après son roman En vie, qui consignait les menus événements du quotidien et les tâches les plus humbles (“ Méthodiquement, écrivait-il, je vis avec grand plaisir, légèreté et épouvante ”), Savitzkaya retrouve, dans les poèmes de Cochon farci, l'exubérance d'une rêverie qui réinvente les êtres et la matière, proche de l'univers de Jérôme Bosch. Cochon farci inventorie tout un bestiaire, fabuleux et familier : lapin, écureuil, licorne, gypaète, paon... Dans “ l’étincelante décharge du monde ”, les espèces sont mouvantes, de fusion en dissipation, de dévoration en métamorphoses. Du contenant au contenu se fait, “ à travers et contre tout ”, la résolution des contraires : l'infini tient au fond d'une poche ; à ras de terre et de déjections de “ chercheurs d'or et d'escargots ” s'élève la forme parfaite du soleil ; des scories surgit la parole de celui qui se dit “ né et mort / au même instant, dans l'articulation de la phrase ”».
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