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Le 2 septembre 2010
Critique, n° 759-760 : À quoi pense l’art contemporain ?

3 juin 2010
Critique 757-758 : Vivement Paris !
Philosophie 106 : L'Individu

6 mai 2010
Critique n° 756

1er avril 2010
Critique n° 755 : Chemins de la liberté
Catalogue 2010

Le 4 mars 2010
Christian Oster, Dans la cathédrale
Critique n° 754 : Le pragmatisme et ses doubles : autour des frères James
Philosophie n° 105

Le 18 février 2010
Clément Rosset, Tropiques. Cinq conférences mexicaines

Le 4 février 2010
Critique n° 752-753 : Du style !

Le 14 janvier 2010
Éric Chevillard, Choir

Le 7 janvier 2010
Christian Gailly, Lily et Braine
Christian Gailly, Les Évadés (Collection « double »)
Critique n° 751
Philosohie n° 104
 

Romans
Marin mon cœur

Eugène Savitzkaya
Marin mon cœur

1992
96 pages
10 €
ISBN : 2707314161
EAN13 : 9782707314161

50 exemplaires numérotés sur Vergé des papeteries de Vizille
* Réédition dans la collection de poche « double »

Dans ce livre, tout se passe pour la première fois. Marin découvre le monde et le monde découvre Marin. Marin ou une partie de Marin peut se dissoudre dans l'eau et s'élever dans l'air. Marin est hypnotisé par un chat. Marin oblige la mer à s'aplatir . Marin mange du poisson et Marin mange de la terre. Le riz fait rire Marin. Marin ou une partie de Marin s'enfuit en carrousel. Qui est Marin et de quoi est-il fait ? À ces deux questions, il n'existe qu'une réponse. Mais l'auteur préfère donner sa langue au crapaud-buffle.

Entretien (Libération, avril 1992)

Les premières pages

 

La revue de presse

Michel Nuridsany (Le Figaro, 27 avril 1992)

Eugène Savitzkaya
Au pays des merveilles
 
« La réalité la plus quotidienne, vécue, racontée comme un conte de fées, voilà, d'un mot, la matière du court et beau livre d'Eugène Savitzkaya, Marin mon cœur. Savitzkaya écrit presque toujours des romans courts et toujours de beaux livres, rarement des contes de fées. Les Morts sentent bon (1984) racontait bien l'histoire extraordinaire d'un homme naïf et muet, sans père et sans mère, accompagné d'un ours et d'un cochon, qui part en mission, pour le roi, dans toutes sortes de contrées fabuleuses qui ressemblent à la Chine, à Kazan, à Hambourg puis à Liège, où s'achève l'histoire après des péripéties étonnantes et merveilleuses.
La Traversée de L’Afrique (1979) disait sans doute la vie recluse en poésie, la vie rêvée, hors du monde, dans une petite communauté de jeunes gens “ heureux mais tristes ”, encore tout empêtrés d'enfance. Livres clinquants et doux, ouverts sur le merveilleux, pleins de pièges et d'enchantements, d'innocence et de perversité mêlées.
Les Couleurs de boucheries nous donnait à voir d'étranges jeux interdits. Fascinants, tous ces livres bizarres rôdaient autour du monde de la secrète enfance, de son imaginaire ébloui et inquiet. Mais le livre que voilà, lui, se donne très nettement à lire comme un conte de fées, se raconte comme un conte de fées avec ses “ alors ” qui rythment la relance de l'imaginaire, avec des traces de comptines et le plaisir de dire, de s'émerveiller soi-même de ce qu'on invente. Marin mon cœur, objectivement, ne raconte rien d'extraordinaire : les moments de la vie d'un enfant qui, bébé, découvre le monde, mange, dort et refuse de dormir, s'inquiète des changements qu'il repère autour de lui estimant la répétition plus agréable, jette tout ce qu'il trouve à sa portée par la fenêtre, mange de la terre, grandit et aussi, mais en retrait, les moments de la vie de son père, liés à la sienne, un père attentif, étonné, à l'écoute de cette vie qui s'invente et prend corps, là. devant lui.
Simple ce livre, oui, dans sa relation du quotidien, mais le regard et les mots peuvent tout changer. Il suffit peut-être d'appeler le père “ le géant ” et l'enfant “ le nain ”, de regarder tout cela d'un peu plus près, comme à la loupe, et les images accourent et le quotidien se déhanche, sort de ses gonds, légèrement. La réalité s'en trouve enchantée, tous les faits et gestes grossis ou dilatés jusqu'à glisser dans l'étrange infiniment révélateur.
Tout glisse et bascule d'ailleurs dans ce livre étonnant, le temps de la narration passant sans arrêt du présent au passé simple et au passé composé, comme le sujet qui erre du “ je ” au “ il ” en passant par le “ tu ”. Aléatoire savant de l'écriture qui installe un nuage au sein duquel la réalité devient autre, plus noire et lumineuse, plus étonnante et plus vraie.
Grand art que celui d'Eugène Savitzkaya, trente-sept ans, auteur de quatorze livres déjà. Grand écrivain dont le style se reconnaît d'emblée à la première phrase. Il faut le lire absolument, arrêter de dire qu'il n'y a pas ou plus de jeunes écrivains, aller à la découverte de cette œuvre, l'une des plus singulières, l'une des plus belles qui soient aujourd'hui. Ce livre tout simple, qui dit la joie et l'inquiétude d'être père et la découverte du monde telle que la vit un enfant, est magique, vraiment. »

En savoir plus...

Samuel Beckett,
Fin de partie

Alain Robbet-Grillet,
Les Gommes
La Jalousie
Critique 651-52 : Alain Robbe-Grillet
Claude Simon
La Route des Flandres
Antoine Volodine

Le 9 septembre 2010
Yves Ravey, Enlèvement avec rançon
Philosophie n° 107

Le 16 septembre 2010
Antoine Volodine, Le Port intérieur
Bernard-Marie Koltès, Une part de ma vie Entretiens 1983-1989

Le 23 septembre 2010
Jean Echenoz, Des éclairs
Jean Echenoz, Nous trois

Le 7 octobre
Eugène Savitzkaya, Marin mon cœur

Le 14 octobre
Pierre Bayard, Et si les œuvres changeaient d'auteur ?
Pierre Bayard, L’Affaire du chien des Baskerville
Georges Didi-Huberman, Remontages du temps subi - LŒil de l'histoire 2
Critique n° 761

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