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3 juin 2010
Critique 757-758 : Vivement Paris !
Philosophie 106 : L'Individu

6 mai 2010
Critique n° 756

1er avril 2010
Critique n° 755 : Chemins de la liberté
Catalogue 2010

Le 4 mars 2010
Christian Oster, Dans la cathédrale
Critique n° 754 : Le pragmatisme et ses doubles : autour des frères James
Philosophie n° 105

Le 18 février 2010
Clément Rosset, Tropiques. Cinq conférences mexicaines

Le 4 février 2010
Critique n° 752-753 : Du style !

Le 14 janvier 2010
Éric Chevillard, Choir

Le 7 janvier 2010
Christian Gailly, Lily et Braine
Christian Gailly, Les Évadés (Collection « double »)
Critique n° 751
Philosohie n° 104
 

Romans
Les Gommes

Alain Robbe-Grillet
Les Gommes
Prix Fénéon 1954

1953
264 pages
15 €
ISBN : 2.7073.0256.2
EAN13 : 9782707302564



« Rétrospectivement, le premier roman édité de Robbe-Grillet, Les Gommes (c'est en réalité le second), se révèle étonnamment prophétique de ses œuvres à venir : loin d'apparaître comme un ouvrage expérimental, ou un exercice de style dans un genre mixte - roman policier avec descriptions « objectales » –, il se présente comme l'archétype même du roman robbe-grilletien. Dans Les Gommes, ainsi que dans toutes les œuvres de Robbe-Grillet, le protagoniste décrit une trajectoire circulaire le ramenant en apparence à son point de départ – un peu comme s'il décrivait un cercle de Jean-Baptiste Vico. Pourtant, malgré la ressemblance des situations initiale et finale, le destin se trouve inéluctablement modifié. Le fabuleux serpent gnostique Ouroboros se mord la queue : telles les écailles bariolées de son corps sinueux, les objets et les scènes des Gommes composent une série secrète d'éléments dont chacun, en dépit de l'imbrication générale, calculée, semble persister obstinément dans une existence aberrante, injustifiable. Bien que des comptes rendus élogieux aient salué les Gommes dès sa parution (Jean Blanzat déclara qu'il était « un livre d'une surprenante autorité », et Jean Cayrol « un roman altier [..], un grand livre »), le roman passa plus ou moins inaperçu du grand public. C'est Roland Barthes, le premier exégète important de Robbe-Grillet qui lança, dans « Littérature objective » et « Littérature littérale », deux articles importants publiés par Critique, certaines idées maîtresses de la critique robbe-grilletienne qui ont guidé depuis lors nombre de ceux qui s'y consacrent. »

Bruce Morissette

Les premières pages

 

La revue de presse

Bernard Dort (Les Temps Modernes, 1953)

« Roman policier ou conte métaphysique ? Les Gommes participent sans doute de l'un et de l'autre, à mi-chemin entre Simenon et Joyce, entre Ellery Queen et Maurice Blanchot. Mais on s'aperçoit vite qu'Alain Robbe-Grillet se joue de ces références. »

Gabriel Venaissin (La Vie Intellectuelle, 1953)


« L'œuvre a l'épaisseur d'une existence, le poids d'un art, et la rigueur d'un roman policier. »

Pierre Fournier (France-Soir, 1953)

« La parfaite réussite de l'auteur, qui possède des moyens d'une variété étonnante, réside dans la solidité de sa démonstration. On en sort avec une impression de vertige. »

A. Monnier (Les Nouvelles Littéraires, 1953)

« La situation est neuve et le “ prière d'insérer ” a raison de faire allusion à Einstein. En somme, Les Gommes sont le récit d'une journée effacée du calendrier. »

Jean Blanzat (Liens, 1953)

« Signé d'un nom qui sonne neuf, mais qui demain nous sera familier, voici un livre d'une surprenante autorité. Parmi tout ce qu'il faudrait louer de remarquable dans Les Gommes, je voudrais signaler l'exigence de l'écrivain, la gravité du dessein, l'habileté et la maîtrise de l'exécution. L'attention que l'on demande au lecteur est, pour une fois amplement justifiée. »

Roland Barthes (L'Observateur, 1953)

« Robbe-Grillet travaille à introduire dans le récit un mixte nouveau d'espace et de temps, ce que l'on pourrait appeler une dimension einsteinienne de l'objet. Ceci est d'autant plus important que, littérairement, nous vivons encore dans une vision purement newtonienne de l'univers : Camus ou Breton décrivent un paysage comme Chateaubriand ou Lamartine. »

Jean Cayrol (Revue de la Pensée française, New York, 1953)

« J'ai lu attentivement ce roman altier, fait d'un seul bloc, qui ne nous demande rien, ne cherche pas à nous séduire par les vieux moyens, à nous endormir, à nous bercer. Sa nouveauté, le profond remue-ménage qu'il provoque en nous en fait un grand livre. Nous n'oublierons pas Les Gommes de si tôt. »

En savoir plus...

Samuel Beckett,
Fin de partie

Eric Chevillard
Robert Linhart
Laurent Mauvignier
Christian Oster
Alain Robbet-Grillet,
Les Gommes
La Jalousie
Critique 651-52 : Alain Robbe-Grillet
Claude Simon
La Route des Flandres
Jean-Philippe Toussaint
La Mélancolie de Zidane
Antoine Volodine

Le 2 septembre 2010
Critique, n° 759-760 : À quoi pense l’art contemporain ?

Le 9 septembre 2010
Yves Ravey, Enlèvement avec rançon
Philosophie n° 107

Le 16 septembre 2010
Antoine Volodine, Le Port intérieur
Bernard-Marie Koltès, Une part de ma vie Entretiens 1983-1989

Le 23 septembre 2010
Jean Echenoz, Des éclairs
Jean Echenoz, Nous trois

Le 7 octobre
Eugène Savitzkaya, Marin mon cœur

Le 14 octobre
Pierre Bayard, Et si les œuvres changeaient d'auteur ?
Pierre Bayard, L’Affaire du chien des Baskerville
Georges Didi-Huberman, Remontages du temps subi - LŒil de l'histoire 2
Critique n° 761

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